ACCÈS PRIVILÉGIÉ AU SIMULATEUR DE VOL DU AIRBUS A220-300 (C-SERIES)


06 Février 2020, un an déjà... pas si loin derrière mais pourtant, c'était une toute autre époque. Une époque où nous n'avions aucune idée de ce qui allait nous frapper de plein fouet quelques semaines plus tard. Aujourd'hui, nous nous comptons excessivement privilégié, Daniel et moi, d'avoir eu l'opportunité de vivre cette expérience unique et mémorable avant que tout ne s'arrête. Privilégié mais également triste. Triste de voir que tout est maintenant arrêté, que des milliers de pilotes et travailleurs de l'aviation au Canada sont maintenant privés de leurs gagne-pains et de leur passion, oubliés par un gouvernement qui fait la sourde oreille.


Oublions quelques instants le drame et revenons en arrière d'un an si vous le voulez-bien, c'était la belle époque après tout ! Daniel et moi sommes des passionnés d'aviation, ni un, ni l'autre ne travaillons dans le domaine de l'aviation, ni de près, ni de loin. Et pourtant ! Nous sommes définitivement des passionnés de ces engins volants, tous deux impressionnés par la merveille d'ingénierie que représente un avion en vol. Tous les deux, nous nous contentons de les observer du sol, de les photographier et de partager le fruit de nos observations sur les différents réseaux sociaux et sites internet. Au fil des années, et au fil de cette passion, nous avons fait de merveilleuses rencontres, et, certaines de ces rencontres sont devenus des amis. Et des amis, ça l'aime faire plaisir à ses amis, c'est bien connu !

Ainsi, l'un d'entre-eux, est pilote professionnel pour une grande compagnie nationale. Commandant de bord sur le magnifique C-Series de Bombardier. Oh pardon... sur le A220 de Airbus. Blasphème. Question de faire plaisir à Daniel et à moi, notre ami a eu l'idée de génie (bon, c'est l'idée qui est géniale, ce n'est pas lui le génie :) ) de nous inviter à Toronto pour aller nous amuser pendant une belle heure sur un véritable simulateur de vol du Airbus A220 servant à l'entraînement et à la certification des pilotes. Au départ, nous avons songé à refuser (pas vraiment) mais bon, ça lui faisait tellement plaisir que nous nous sommes forcé à accepter (avant qu'il ne change d'idée) pour ne pas le décevoir. C'est aussi ça des amis, se sacrifier pour faire plaisir.


Soyons honnêtes, la seule fois que j'avais piloté un avion, c'était évidemment sur un simulateur. Pas n'importe lequel cependant ! Le simulateur fixe du Airbus A320 chez nos amis de Aerosim Expérience Québec. Je suis convaincu que mon ami Pierre Blouin s'en rappelle encore, je le soupçonne même d'avoir conservé l'enregistrement pour rire de moi d'ici quelques années ! À moins qu'il soit encore traumatisé. Pas un succès, vous comprendrez ! Daniel, de son côté, avait eu le privilège de piloter un simulateur de CF-18 à la base militaire de Bagotville plusieurs années auparavant, en plus de s'amuser également sur le simulateur du A320 de Aérosim. Nous étions donc très excités de vivre cette expérience, mais peu convaincus de nos habiletés.


Notre ami est un chic type, et un véritable professionnel. La seule place où je lui confierais mes enfants sans être inquiet, c'est dans un avion où il est aux commandes, c'est vous dire à quel point c'est un pilote de confiance ! Trêve de plaisanterie, notre ami a fait les choses en grand et il a décidé de nous faire vivre l'expérience totale du pilote professionnel en formation.


Départ de YQB le mercredi soir sur les ailes de son employeur, destination YYZ. Nous voyageons "Stand-By" donc nous espérons être en mesure de quitter. Nous sommes finalement chanceux. Arrivé à Toronto, on prend un Uber qui nous dépose à l'hôtel où logent habituellement les pilotes. Petite bouffe, petite(s) bière(s), on ne se couche pas trop tard pour être en forme le lendemain... donnons-nous une chance quand même !


Jeudi matin, un bon déjeuner à l'hôtel et hop, on embarque dans la navette des employés. Destination; le centre de formation. On nous annonce une bonne tempête hivernale, on sait que le retour vers YQB en fin de journée risque d'être complexe mais, honnêtement, c'est le dernier de nos soucis pour l'instant. Daniel et moi sommes excités comme deux gamins le matin de Noël, trop pressés de découvrir le jouet qui nous attend.


Une fois arrivés au centre de formation, Daniel et moi comprenons que nous sommes vraiment dans les ligues majeures. C'est gros, c'est beau, c'est impressionnant et c'est du sérieux. La sécurité, la paperasse, les cartes de visiteurs... visiblement, n'entre pas qui veut et pour n'importe quelle raison dans ce bâtiment ! Notre plage horaire avait été soigneusement réservée, les autorisations spéciales pour notre présence avaient été approuvées à l'avance, nous avons finalement accès.

Première étape de notre visite, les salles de classe où s'enseigne la théorie et où les "briefings" avant simulateur ont lieu. Les salles de classe de l'Université Laval à Québec font piètres figures aux côtés de ces installations ultra modernes, avouons-le ! Faut dire qu'ils en passent des heures dans ces locaux nos pilotes, entre deux voyages à Londres et à Sydney, à apprendre et pratiquer sur l'ensemble des composantes de l'avion qu'ils opèrent.

Deuxième étape, nous visitons les salles de simulateurs fixes. Ces salles permettent entre autre aux pilotes de se familiariser avec les différentes commandes de l'avion et à pratiquer les différents scénarios qu'ils devront réaliser dans le véritable simulateur. Vous comprendrez qu'une telle salle est beaucoup moins dispendieuse à équiper qu'un véritable simulateur "full motion" donc ce type de salle est plus nombreux afin de maximiser les heures de disponibilités sur simulateur.

L'ensemble des commandes se retrouve sur des écrans tactiles qui reproduisent très fidèlement la réalité du véritable cockpit du Airbus A220.

Arrive enfin la troisième et ultime étape de notre visite soit l'accès à la baie des simulateurs "full motion". Nous avons l'impression d'être dans un monde parallèle devant ces véritables monstres de technologie qui ont l'air tout droit sortit d'un film de science fiction. C'est immense et nous sommes déjà impressionnés, mais notre ami tient à souligner que ce n'est que l'UNE des baies de simulateurs qui se retrouve dans cet immense bâtiment.


Boeing 787-800, Embraer-175, Airbus A220-300, Airbus A320, Boeing 767... nous aurions bien envie de tous les essayer et de passer la semaine sur place ! Malheureusement, tout ces beaux jouets sont très populaires et les réservations se font longtemps à l'avance. Avec la valeur de ces équipements, la moindre minute doit être utilisée pour assurer la rentabilité et maximiser la formation des équipages.

Nous ne pouvons pas nous plaindre, nous avons une belle heure devant nous en tête à tête intime avec l'une de ces machines qui nous as été si généreusement réservée. Nous nous sentons quelque peu intrus et intimidés mais, nous avons bien hâte de découvrir l'intérieur de la bête !

Crédit photo.: François Bombardier

Premier constat... wow, de un, ça sent "le char neuf" et de deux, c'est spacieux et tellement moderne ! On va se le dire, nous sommes bien loin d'un simple jeu vidéo, nous avons affaire à une réplique en tous points identique et à l'échelle du véritable cockpit du Airbus A220-300. L'illusion est plus que parfaite, et c'est ce qu'il faut bien évidemment, considérant que nos pilotes doivent s'y entrainer méticuleusement, y passer leurs certifications et même, y jouer leurs licences de pilotes tous les six mois. Rien ne peut donc être laissé au hasard dans cet environnement, des vies humaines sont en jeu et les responsabilités sont énormes. Lorsqu'ils ressortiront de ce simulateur, ils embarqueront dans le véritable avion et s'envoleront avec des passagers assis derrière.

Avant de prendre les commandes, nous avons évidemment droit à un petit cours 101 de familiarisation sur les diverses commandes, écrans, etc. Question de rendre le tout agréable et de maximiser notre temps, nous ne ressortirons pas de là commandant de bord après tout, notre ami s'occupera de préparer l'avion pour notre vol en nous faisant parcourir les différents "checklist". Ça donne une idée de ce que nos pilotes font dans le poste de pilotage pendant que les passagers prennent place à l'arrière et nous pouvons confirmer que ce n'est pas le travail qui manque !

Pendant que Daniel se prépare mentalement à prendre les commandes de cet impressionnant appareil, de mon côté je m'émerveille par la qualité graphique de ce qu'il m'est permis de voir par les fenêtres du cockpit. L'illusion est vraiment parfaite et le réalisme de la scène est vraiment incroyable pour un néophyte comme moi.

Une fois les moteurs lancés et le "push-back" complété, le premier défi de notre ami Daniel consiste à suivre la carte des voies d'accès pour rejoindre la piste indiquée pour le décollage. Nous ne sommes pas encore dans les airs que nous sommes déjà confrontés à certains défis, il semble que la conduite ne soit pas celle d'un Jeep ! :)

Une fois dans les airs, le plaisir débute et notre ami s'amuse à nous démontrer différents scénarios au gré de nos demandes et de son imagination. Décollage et atterrissage à YUL dans des conditions optimales, panne moteur, approche en visibilité réduite, approche avec vents de travers, tentative de décrochage... nous en avons définitivement profité au maximum et nous avons très honnêtement eux énormément de plaisir. Notre seul regret ? Le temps évidemment ! Il passe beaucoup trop vite lorsque nous avons la tête dans les nuages !

En voici quelques extraits, question de vous donner un bref aperçu de ce que nous avons pu vivre comme expérience.:



Une fois ce rêve terminé, nous avons vite été confrontés au fait que l'aviation n'est pas toujours qu'une partie de plaisir ! La météo capricieuse ne nous as pas épargnée; vols annulés, retards, vols complets, imprévus !


Notre ami ne nous avait pas spécifié que le vol était inclus à l'allée, mais pas au retour ! Après avoir pu prendre de peine et de misère un vol YYZ - YUL sur un Dreamliner, nous avons dû nous résigner à faire YUL - YQB en voiture de location à travers la tempête. Mais, comment lui en vouloir ? C'est aussi ça le métier de pilote, devoir composer avec les imprévus. Quand je vous disais qu'il nous avait fait vivre l'expérience d'un pilote professionnel en formation du début à la fin ? :)

Merci encore pour cette expérience exceptionnelle !

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